Archive for the 'Queue leu leu' category

Ha ça (ira)…

 

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Mais où est l’opposition ?

Bah oui, l’opposition démocratique, l’opposition parlementaire, l’opposant(e) préféré(e) de l’opinion.

Ha, ça…

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« Selon certaines analyses d’inspiration féministe, la femme fatale dans le film noir classique est punie au niveau de la ligne narrative explicite. Autrement dit, elle est détruite pour avoir fait preuve d’assurance et pour avoir porté atteinte à la domination patriarcale masculine, pour l’avoir menacée: « le mythe de la femme forte, sexuellement agressive, permet dans un premier temps l’expression sensuelle de son dangereux pouvoir et de ses conséquences effrayantes, avant qu’elle ne soit détruite, traduisant ainsi l’inquiétude refoulée suscitée par la menace féminine qui pèse sur la domination masculine » ; la femme fatale « perd finalement sa capacité à se mouvoir, n’influe plus sur le mouvement de la caméra, et est souvent, en réalité ou symboliquement, emprisonnée par la composition de l’image, alors même qu’un contrôle, exprimé visuellement, est exercé sur elle et, […] que parfois même elle est représentée comme étant heureuse, sous la protection d’un amant ». Cependant, bien qu’elle soit détruite ou apprivoisée, son image survit à sa destruction physique comme l’élément qui domine effectivement la scène – c’est en cela, dans la manière dont la texture du film trompe et subvertit sa ligne narrative explicite, que résiderait le caractère subversif des films noirs. À l’encontre du cinéma noir classique, le néo-noir des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, de La fièvre au corps à The Last Seduction, autorise ouvertement, au niveau même du récit explicite, la femme fatale à triompher, à réduire son partenaire à un imbécile condamné à mort – elle survit, riche et seule, après être passée sur le corps de son partenaire. Elle ne survit pas sous la forme d’une menace spectrale, « morte-vivante » qui dominerait libidinalement la scène après sa destruction physique et sociale; elle triomphe directement, dans la réalité sociale elle-même. En quoi le côté subversif de la figure de la femme fatale est-il affecté? Le fait que son triomphe soit réel ne sape-t-il pas son triomphe spectral/fantasmatique (on est même tenté de dire : sublime), de sorte que, plutôt qu’une menace spectrale toute-puissante, indestructible dans sa destruction physique même, elle se révèle être une simple « salope », vulgaire, manipulatrice et froide, privée de toute aura? En d’autres termes, serions-nous ici pris dans la dialectique de la perte et du sublime, dans laquelle la destruction empirique est le prix à payer pour gagner l’omnipotence spectrale?
Peut-être faut-il d’abord changer les termes du débat en soulignant que loin de représenter une menace pour l’identité patriarcale masculine, la femme fatale classique – véritable fantasme masochiste-paranoïaque masculin de la femme sexuellement insatiable qui, nous dominant tout en jouissant de sa propre souffrance, provoque en nous le désir de la prendre violemment et d’abuser d’elle – fonctionne comme la « transgression constitutive » de l’univers patriarcal symbolique. Le fantasme de la femme toute-puissante, dont l’attraction irrésistible présente une menace non seulement pour la domination masculine mais aussi pour l’identité même du sujet masculin, est le « fantasme fondamental » contre lequel l’identité masculine symbolique se définit et se maintient. La menace représentée par la femme fatale est ainsi factice, puisqu’elle est en fait le soutien fantasmatique de la domination masculine, la figure de l’ennemi engendrée par le système patriarcal lui-même. Pour utiliser une expression de Judith Butler, la femme fatale est l’« attachement passionnel » fondamental et désavoué du sujet masculin moderne, une formation fantasmatique nécessaire mais qui ne peut être ouvertement assumée, de sorte qu’elle peut être évoquée à la seule condition que, au niveau de la ligne narrative explicite (qui représente la sphère socio-symbolique publique), elle soit punie et que l’ordre de la domination masculine soit réaffirmé. Pour le dire en termes foucaldiens, de même que le discours sur la sexualité, sur son « refoulement » et sa régulation, crée le sexe en tant qu’entité mystérieuse et impénétrable à conquérir, le discours patriarcal érotique crée la femme fatale en tant que menace constitutive contre laquelle l’identité masculine devrait s’affirmer. La prouesse du néo-noir est précisément de révéler ce fantasme sous-jacent : la nouvelle femme fatale qui accepte pleinement le jeu masculin de la manipulation, et qui, pour ainsi dire, triomphe à ce jeu, menace bien plus efficacement la Loi paternelle que la femme fatale spectrale classique. »

 

Slavoj Žižek, Lynch et la figure de la femme fatale, extrait du chapitre "David Lynch ou l’art du sublime ridicule", p. 230-237.

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Ha oui, la loi sur la parité…

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Balkan.Erotic.Epic.Marina.Abramovic
envoyé par DocParano

Monsieur, purgeons !

 

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Sur le plateau du gros JT de 20 heures, il met le feu à la grande table. Puis aux fauteuils. Et au décor. Il crache sur les caméras. Il lance les sujets du jour. Sur les écrans, la fumée se mêle aux coulures.

Dans la longue procession du défilé du 14 juillet, il sort du rang, marche en biais, mitraille la tribune, vise les alphajets, un char Leclerc le prend en stop. Il étrangle le pilote et roule sur les militaires qui ne s’écartent pas.

Dans l’usine, les machines emboutissent les pièces à l’envers, puis les mains des opérateurs, des têtes aussi, le sang dégouline le long des tableaux de contrôle. Les voitures sont tordues et grumeleuses.

Les lions s’échappent de la piste, sautent dans la foule, attaquent les gorges, les membres, la police tire au hasard, des lions tombent, des enfants aussi, la terre battue de la piste absorbe les liquides.

 Le boucher n’est pas attentif. Sa femme devient du boudin. Le boucher mange seul le soir. Du boudin.

Les jumeaux jouent avec l’arme de service de leur père policier. Fils unique, c’est mieux.

Il fait sauter le pétrolier. Qui coule. La nappe noire recouvre tout, les nageurs avalent le pétrole, le pétrole bouche les yeux, les oreilles. Il essaie de mettre le feu à tout ça.

A contre-sens sur l’autoroute, il vise les motos. Puis un camion.

Le grand journaliste, grand irrévérencieux, dit au grand président petit garçon. Le grand président coupe les jambe du grand garçon avec une hache. Le tronc tient mal sur le siège. Il tombe.

Les clandestins sur leur bateau, sur la Méditerranée, meurent au soleil. On jette les cadavres à la mer. Des femmes accouchent. On jette les morts-nés à la mer.

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 "Nous entrons dans la période animale de l’histoire. Et dans l’histoire animale, il n’y a que deux facteurs qui comptent : reproduction et climat. Nous entrons dans la période zoologique de l’histoire. Zoographique. À la lutte des classes, succède la guerre des animaux."

 

"Ils ont prétendu être les maîtres du langage, Andréa, alors qu’ils n’en étaient que le jouet ; […] ils ont forfait, ils ont forfait ! Leurs restes seront dispersés, leurs noms bouffés aux oiseaux. […] Exogène, toi qui as décidé d’éclairer ton garage toute la nuit pour que les rats admirent ta Mercedes - ton squelette sera dispersé comme une carrosserie lancée en poussières et semée sur des bretelles d’autoroute sans issue !"

 

"Tout vivant surpris à clopiner en état de marche devra désormais porter au dos sa date limite écrite en clair sur le couvercle !"

 

"Un attentat sous X vient d’être commis dans la ville sainte de Provins afin de donner à Dieu un signal fort."

 

"La machine à raccourcir l’alphabet compte une lettre de trop ; la machine à tromper les chiffres efface l’éponge et annule tout ; la machine à suivre les nombres reprend le compte à zéro ; la machine à connaître le bien et le mal pousse dans tous les sens […]"

 

"Loin d’ici metteurs en chose, metteur en ordre, adaptateurs tout-à-la-scène , poseurs de thèse, phraseurs de pose, imbus, férus, sclérotes, doxiens , dogmates, segmentateurs en chef, connotateurs, metteur en poche, adaptateurs en chef, artistes auto-déclarés, as de la conférence de presse, médiaturges, médiadogues, encombreurs de plateau, traducteurs d’adaptations, et adaptateurs de traduction, vidéastes de charités, humains professionnels, librettistes sous influence, sécheurs d’âmes, suiveurs de tout, improvisateurs de chansons toutes faites, loin d’ici, Monsieur Purgon ! mettez-les loin d’ici."

 

Valère NOVARINA

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DIABOLIK
envoyé par dante066

Attractions féériques


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L’ORTF revient… disent-ils…

Le GRM a cinquante ans…
www.ina.fr/grm/
Le Service de la Recherche de l’ORTF n’est plus.
Pierre Schaeffer est mort.
Xenakis est mort.
Ferrari est mort.
Bayle est vivant.
Parmegiani est vivant.
Rouxel est mort.
Kamler est vivant.

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www.ubu.com/film/kamler.html
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Les films sont là, le Gai Savoir est là, les musiques sont là… et ne sont pas vus, pas écoutés, pas montrés.
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Le retour de rien.
La continuation d’un effacement.
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Une mission éphémère - Piotr Kamler
envoyé par Pigasus_Power

D’ire

 

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 Un centre de rétention, c’est quoi ?

C’est rien, c’est bien. Il le faut.

Mais…

C’est tout. C’est.

Une prison ?

Nécessaire. Une chose nécessaire.

C’est quoi ?

Une nécessité, ce n’est rien d’autre. C’est, parce que c’est comme ça.

Guantanamo ?

C’est mais ça n’existe pas vraiment. Ca n’existe pas pour ceux qui n’y sont pas. C’est leur monde.

Et le reste, l’en-dehors, ce qui n’est pas dedans ?

C’est nous. Les vivants.

Les vivants ?

Oui. Tu sais que tu es vivant. Savent-ils qu’ils sont vivants, savent-ils que tu es vivant ? C’est comme ça. Tu es vivant. Eux ; je ne sais plus… Ils ne parlent pas. Ils n’ont rien à dire, pas d’histoire. Un camp n’a pas d’histoire.

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« La littérature n’est évidemment pas sa propre fin. Ce dont elle parle, d’où elle arrive, n’est pas. Elle ne peut donc jamais parler de ce dont elle parle. Elle dit toujours autre chose, que nous entendons plus ou moins. En aucune façon ce dont elle parle ne constitue une fin, ou une origine. Rien ne permet par conséquent de la définir. Mais ce n’est pas non plus une "parole vaine", non : il n’y a pas de parole vaine. Peut-être ressemble-t-elle à ces figures égyptiennes qui s’avancent d’un pas toujours égal, la tête retournée en arrière et le regard fixé sur leur invisible provenance. Mais dont on ne sait jamais vers où, ainsi attirées en sens inverse, elles se dirigent. Ni ce dont elles refusent ou sont incapables de soutenir, devant elles, l’approche.
De "quoi", de "qui", nous détournons-nous ? »

 

"L’histoire que je voudrais raconter (ou réciter : c’est peut-être malheureusement une sorte de mythe) est donc celle d’un renoncement.
"Renoncer" a voulu dire : annoncer, énoncer. "Phraser", en grec, dit à peu près la même chose. Aujourd’hui toutefois "renoncer" signifie : ne plus vouloir, accepter. Par exemple un destin, ou une fatalité : ce qui est dit.
Admettons par conséquent qu’il faille apprendre à renoncer, lentement; à ne plus vouloir prononcer.
Alors il peut y avoir phrase : toujours la même, jamais elle-même; revenant de loin, nombreuse, saccadée.
Il est inévitable que nul ne soit prophète en sa langue.
(…) Aujourd’hui, dans le saccage général, la désolation est à son comble. Simple constat historique : cette nouveauté n’en est pas une. Ou bien l’est trop. Regardez autour de vous, écoutez surtout.
Il n’empêche que ce qui se passe, et nous passe, demeure l’énigme.
Le commencement tarde toujours. Pourtant il aura suffi d’une main posée sur la nuque (sans la moindre autorité, sans la moindre soumission), d’un laconique "je t’expliquerai", d’une nuit entière (jusqu’à son blanchiment) passée dans l’approximation, le bruit et le silence des voix, le récit limpide de ce que nous ignorions de nous et persistons à ignorer.
Il peut suffire, chaque fois, de moins ; de beaucoup moins. L’approximation est sans terme, mais aussi démunis que nous soyons, nous sommes contraints de le déclarer.
J’appelle aussi bien littérature cette paraphrase infinie. »

 

Philippe Lacoue-Labarthe, "Phrase" (Christian Bourgois, 2000)

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« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu des jolis mots à la Prudhomme.
Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et très complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine que l’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m’exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

Gustave Flaubert, Lettre à George Sand. Croisset, mercredi soir, 12 juin 1867 ( in Flaubert Correspondance. Pléiade. Tome 3) 

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Meshes Of The Afternoon,( maya deren)
envoyé par zohilof

Pendouiller

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Toutes ces vies qui ne tiennent qu’à un fil.

Mais de quoi est fait ce fil ? Une matière inouïe, d’une élasticité hors du commun, dont la structure en multifilaments semble complexe, aux charges de rupture mystérieuses.

Que donnerait l’évaluation quantitative de la variation de l’hétérogénéité structurale en coupe transversale de ce fil de densité linéaire (sans doute) différente ?

Bref, remettre l’ouvrage sur le métier et confectionner des linceuls slim.

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"Dans ces instants rapides comme l’éclair, le sentiment de la vie et la conscience se décuplaient pour ainsi dire en lui. Son esprit et son cœur s’illuminaient d’une clarté intense ; toutes ses émotions, tous ses doutes, toutes ses inquiétudes se calmaient à la fois pour se convertir en une souveraine sérénité, faite de joie lumineuse, d’harmonie et d’espérance, à la faveur de laquelle sa raison se haussait jusqu’à la compréhension des causes finales…

Ces instants, pour les définir d’un mot, se caractérisaient par une fulguration de la conscience, et par une suprême exaltation de l’émotion subjective.

À cette seconde – avait-il déclaré un jour à Rogojine quand ils se voyaient à Moscou – j’ai entrevu le sens de cette singulière expression : il n’y aura plus de temps."

 

Fédor Dostoïevski, « L’Idiot »

 

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"Cette entreprise que je veux tenter et, en même temps, j’ai peur de bêtises pareilles ! se dit-il avec un sourire étrange. Hum… oui… tout est entre les mains de l’homme, et tout lui passe quand même sous le nez, et pour une seule raison, c’est qu’il est lâche… ça, c’est un axiome… C’est curieux, de quoi est-ce que les gens ont le plus peur ? D’un nouveau pas, d’une nouvelle parole personnelle, qu’ils ont le plus peur… Mais, je bavarde beaucoup trop. Pour ça que je ne fais rien, que je bavarde. Ou alors, aussi comme ça, je parie : pour ça que je bavarde, que je ne fais rien. C’est tout ce dernier mois que j’ai appris à bavarder, couché des jours entiers dans mon recoin, à réfléchir… sur la pluie et le beau temps. Et pourquoi est-ce que j’y vais maintenant ? Est-ce que je suis capable de ça ? Est-ce que, ça, c’est sérieux ? Non, pas du tout. Comme ça, juste par fantaisie que je m’amuse ; des jouets. Oui, je parie, des jouets !"

 

Fédor Dostoïevski, « crime et châtiment »

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PLAY TIME Jacques Tati
envoyé par NilbogLAND

Entravelling

 

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Tout droit, tout droit, tout droit, se maintenir, rien à gauche, rien à droite, tout devant, y aller, coûte que coûte, ne pas basculer, ne pas dériver, être un Homme c’est être un lobe, un morceau de chair tendu droit devant, une petite érection avec ses soubresauts.

Azimutons !

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"Un auteur pas commode"

Un auteur qui n’a écrit qu’une pièce de théâtre, dont il n’a autorisé qu’une unique représentation sur ce qui était – à son avis – la meilleure scène du monde, par – toujours à son avis – le meilleur metteur en scène, et – encore à son avis – les meilleurs acteurs du monde, s’était, pour la première, avant même le lever de rideau, posté à la place du balcon qui s’y prêtait le mieux, mais ne pouvait être vue du public, et il avait pointé le fusil mitrailleur construit à son usage par la firme suisse Vetterli, et une fois le rideau levé il logeait une balle dans la tête à tout spectateur qui – à son avis – riait à contretemps. A la fin de la représentation, il n’y avait plus dans la salle de théâtre que des spectateurs exécutés par lui, et donc des spectateurs morts. Pendant toute la représentation, les acteurs et le directeur du théâtre ne s’étaient pas laissé distraire un instant par cet auteur peu commode et l’événement qu’il avait créé.

 

"Pise et Venise"

Les maires de Pise et de Venise s’étaient mis d’accord pour donner un choc aux visiteurs de leurs villes, qui, depuis des siècles, ont été régulièrement emballés par Pise aussi bien que par Venise, et ils avaient décidé de faire transporter et installer à Venise la tour de Pise et à Pise le campanile de Venise, en grand secret et de nuit. Mais ils n’avaient pas pu tenir leur projet secret, et, la nuit même où ils voulaient faire transférer la tour de Pise à Venise et le campanile de Venise à Pise, ils avaient été internés d’office, comme il se doit le maire de pise à l’asile de Pise et le maire de Venise à l’asile de Venise. Les autorités italiennes avaient su traiter l’affaire avec la plus grande discrétion.

 

"L’imagination"

Près du quartier copte du Caire nous avons été frappés par des rues entières où, dans les immeubles de quatre ou cinq étages, on élève des millions de poules, de chèvres et même de cochons. Nous avons essayé d’imaginer ce qu’on peut entendre quand ces maisons brûlent.

 

Thomas Bernhard, L’imitateur, extraits, traduction Jean-Claude Hémery.

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 "Nous ne pouvons pas dire que le concept de « pathologique » soit le contradictoire logique du concept de « normal », car la vie à l’état pathologique n’est pas absence de normes mais présence d’autres normes. En toute rigueur, « pathologique » est le contraire vital de « sain » et non le contradictoire logique de normal. Dans le mot français « a-normal », le préfixe a est pris usuellement dans un sens de privation alors qu’il devrait l’être dans un sens de distorsion. Il suffit pour s’en convaincre de rapprocher le terme français des termes latins : abnormis, abnormitas; des termes allemands : abnorm, Abnormität ; des termes anglais : abnormal, abnormity. La maladie, l’état pathologique, ne sont pas perte d’une norme mais allure de la vie réglée par des normes vitalement inférieures ou dépréciées du fait qu’elles interdisent au vivant la participation active et aisée, génératrice de confiance et d’assurance, à un genre de vie qui était antérieurement le sien et qui reste permis à d’autres. On pourrait objecter, et du reste on l’a fait, qu’en parlant d’infériorité et de dépréciation nous faisons intervenir des notions purement subjectives. Et pourtant il ne s’agit pas ici de subjectivité individuelle, mais universelle. Car s’il existe un signe objectif de cette universelle réaction subjective d’écartement, c’est-à-dire de dépréciation vitale de la maladie, c’est précisément l’existence, coextensive de l’humanité dans l’espace et dans le temps, d’une médecine comme technique plus ou moins savante de la guérison des maladies."

Georges Canguilhem, la connaissance de la vie, Hachette, 1952.

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Tarkovski / Margarita Terekhova
envoyé par Alvin_singer

Electrique rasoir

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Rien n’arrive. Rien ne bouge. Un engourdissement ; la torpeur.

On entend partout que c’est comme cela, les haut-parleurs mous ressassent dans les rues monotones.

Ceci, pas cela. Ceci, pas cela.

La politique finit par n’être qu’une radiation, un champ magnétique homogène ; les mouvements créent le champ magnétique. 

La climatisation.

Les petits moulins à vent portatifs, c’est pour les défilés. Ceux qui se défilent.

De cette histoire, il faut savoir perdre le fil. Et la bobine.

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« J’entends si souvent parler de la mort que je ne vais plus aux enterrements. Avez-vous entendu des conversations d’enfants sur la mort ? En sixième, ils se demandent si cela fait peur ou non. Il n’y a pas si longtemps, à leur âge, ils voulaient savoir comment naissent les bébés. Maintenant, ils s’inquiètent de savoir ce qui se passerait après une guerre atomique. Ils n’aiment plus les oeuvres classiques : je leur récite du Pouchkine et ils me regardent avec des yeux froids, détachés… Un autre monde les entoure… Ils lisent de la science-fiction. Cela les entraîne, dans un monde différent, où l’homme se détache de la terre, manipule le temps… Ils ne peuvent pas avoir peur de la mort de la même manière que les adultes… Que moi, par exemple. Elle les excite comme quelque chose de fantastique.

Je réfléchis à cela. La mort tout autour oblige à penser beaucoup. J’enseigne la littérature russe à des enfants qui ne ressemblent pas à ceux qui fréquentaient ma classe, il y a dix ans. Ils vont continuellement à des enterrements… On enterre aussi des maisons et des arbres… Lorsqu’on les met en rang, s’ils restent debout quinze ou vingt minutes, ils s’évanouissent, saignent du nez. On ne peut ni les étonner ni les rendre heureux. Ils sont toujours somnolents, fatigués. Ils sont pâles, et même gris. Ils ne jouent pas, ne s’amusent pas. Et s’ils se bagarrent ou brisent une vitre sans le faire exprès, les professeurs sont même contents. Ils ne les grondent pas parce que ces enfants ne sont pas comme les autres. Et ils grandissent si lentement. Si je leur demande de répéter quelque chose pendant le cours, ils n’en sont même pas capables. Parfois, je dis juste une phrase et leur demande de la répéter : impossible, ils ne la retiennent pas… Alors, je pense. Je pense beaucoup. Comme si je dessinais avec de l’eau sur une vitre : je suis seule à savoir ce que représente mon esquisse. Personne ne le devine, ne l’imagine.

Notre vie tourne autour… autour de Tchernobyl. Où était Untel à ce moment-là ? À quelle distance du réacteur vivait-il ? Qu’a-t-il vu ? Qui est mort ? Qui est parti ? Pour où ? Je me souviens que, dans les premiers mois après la catastrophe, les restaurants se sont de nouveau remplis. Les gens organisaient des soirées bruyantes… "On ne vit qu’une seule fois…", "Quitte à mourir, autant que ce soit en musique". Des soldats, des officiers sont venus. Mais Tchernobyl est désormais tout le temps avec nous… Une jeune femme enceinte est morte soudain, sans cause apparente. Le pathologiste n’a pas établi de diagnostic. Une petite fille de onze ans s’est pendue. Sans raison. Une petite fille… Et quoi qu’il arrive, les gens disent que c’est à cause de Tchernobyl. On nous dit : "Vous êtes malades parce que vous avez peur. À cause de la peur. De la phobie de la radiation." Mais pourquoi les petits enfants sont-ils malades ? Pourquoi meurent-ils ? Ils ne connaissent pas la peur. Ils ne comprennent pas encore. »

"La supplication", Svetlana Alexievitch ; extrait.

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v.youku.com/v_show/id_cz00XMjQwNjMwMzI=.html

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Cimes et tris


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La musique dite électronique.
L’ordinateur qui à la fois génère la musique, comme instrument de musique, et en assure l’enregistrement et la diffusion, comme instrument de duplication et d’émission.
Il y a une pliure.
Ca se passe et c’est suffisant ; ce qui se fait est déjà parti et peut revenir.
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"Selon Michael Slote, l’un des défauts les plus caractéristiques de la philosophie morale moderne par rapport à celle des anciens, c’est qu’elle repose sur l’idée qu’il y aurait une asymétrie morale entre le rapport de soi à soi et le rapport de soi à autrui.

Mais que signifie « asymétrie morale » ?

Il n’est pas difficile d’illustrer l’idée. Pensez à Van Gogh.

Je crois que tout le monde aura tendance à penser que si Van Gogh avait arraché gratuitement l’oreille d’un passant au lieu de se couper la sienne, il y aurait eu une certaine différence morale.

À première vue, le fait de se couper l’oreille n’a la même importance morale que l’agression gratuite du passant. On peut même aller jusqu’à dire, c’est mon idée du moins, qu’il n’a aucune importance morale.

Comment expliquer cette asymétrie morale entre se couper volontairement l’oreille et l’arracher à un passant, ou, autre exemple du même genre, entre massacrer quelqu’un à coup de batte de base-ball et se suicider (si on veut réussir à faire les deux, mieux vaut procéder dans cet ordre) ?

La première explication qui peut venir à l’esprit, parce qu’elle dépend du sens des mots, c’est, tout simplement, que la morale ne concerne que les autres par définition et que, par conséquent, ce qui relève du rapport à soi-même n’appartient pas au domaine moral par définition. Mais si c’était le cas, les grandes morales classiques d’Aristote à Kant, qui accordent une certaine importance morale au rapport à soi-même, devraient être jugées absurdes parce qu’elles donneraient une valeur morale à ce qui ne peut pas en avoir par définition, ce qui est absurde.

Une autre explication de l’asymétrie morale plus plausible, proposée par Shelly Kagan repose sur la notion de consentement. L’idée c’est qu’on peut causer volontairement un tort à autrui mais non à soi-même, car il serait, par sa nature même, un tort auquel on aurait consenti d’avance ( pensez au suicide ) et que le consentement annule, en principe le tort. Mais, en réalité, la différence morale ne peut pas reposer entièrement sur l’idée qu’on ne peut pas se causer volontairement un tort , du fait que si on s’est causé volontairement un tort, c’est un tort auquel on a consenti, et qu’il n’y a pas de tort dès lors qu’il y a eu consentement. En effet, il existe toutes sortes de cas dans lesquels on estime que le consentement n’annule pas le tort. Pensez aux duels ou aux combats de gladiateurs, à l’esclavage volontaire et pour les moins libéraux, à la prostitution.

Je me propose de défendre la thèse de l’asymétrie morale entre le rapport à soi et le rapport à autrui autrement, c’est-à-dire sans partir d’une idée préconçue de ce qu’est la morale et sans m’appuyer exclusivement sur la notion de consentement.

J’essaierai de montrer que la notion de devoir moral envers soi-même est incohérente, qu’il en résulte que nous pouvons avoir des devoirs moraux à l’égard des autres mais pas de nous-mêmes, ce qui suffira, me semble-t-il, à donner une plausibilité à la thèse de l’asymétrie morale entre le rapport de soi à soi et le rapport de soi à autrui."

Ruwen Ogien
720plan.ovh.net/~villagil/article.php3
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Mécanique du silence


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On ne voit jamais les Hommes qui courent, s’enfuient, vers le vide.

On ne voit que des circuits, des parcours, des boucles.

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« La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a estimé mardi que les policiers ont "très bien fait leur travail" lors du parcours de la flamme olympique la veille à Paris, compte tenu de leur "double mission" : protéger les sportifs et la flamme, et "garantir la liberté de manifestation. »

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« J’ai été légèrement bousculée par un jeune homme, une allure d’adolescent, il courait comme un fou ; j’ai entendu une voix hurler : "Arrêtez-le ! Police !!! Arrêtez-le !" Le jeune homme était alors au niveau d’un vieil homme qui l’a laissé passer sans pouvoir réagir. Deux policiers en civil m’ont alors dépassée ; eux aussi couraient comme des dératés. »

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« Ce soir, je lis sur le Net : "Mort d’un sans-papiers poursuivi par la police." L’information dit qu’il a 29 ans, est malien, qu’après un contrôle dans le RER il a fui, s’est jeté dans la Marne et a fait un arrêt cardiaque. Il est mort à l’hôpital peu de temps après son admission. »

www.educationsansfrontieres.org/

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"On pourrait appeler "visuel" la somme des "images de remplacement" – pour une raison très précise : pas "de remplacement" parce qu’on aurait le choix et le jeu, pour des raisons ludiques… C’est pas ça qui se passe : pour tous les événements qui se passent dans le monde, il y a une image qui vient très vite couvrir toutes les autres. Même la plus belle image qu’on ait vu récemment qui est le petit bonhomme devant les chars en Chine, qui moi me fait pleurer – pour une fois, il y a eu une image de la liberté, même cette image elle a fini par empêcher toutes les autres images de la Chine de passer. Maintenant la Chine, c’est ça. Bon, ça aurait pu être pire : en Yougoslavie on arrive même pas à en faire une et, du coup, il n’y en a pas du tout ! Et on a envie de dire que le cinéma n’a servi à rien parce que là on a des gens proches de nous, on a une télévision performante qui est là, héroïque sous les bombes, on a Dubrovnik qui est belle à voir et… Tout d’un coup, on n’y comprend plus rien. Quand on ne comprend plus rien, quand on n’a plus aucune compréhension de "où est l’autre ?" et "où je suis, moi ?", comme autre de l’autre, quand la question de l’autre a sauté, toutes les images ont sauté. Il n’y a plus que du visuel. Par exemple, on zoome. Le zoom c’est ce qu’est la masturbation à l’amour. Bon, un peu de masturbation… mais quand il n’y a plus que ça ! Alors, les cameramen zooment : quand il y a le Pape, ils zooment, quand il y a les pâtes Panzani, ils zooment… En fait, Panzani, non ! Parce que Panzani c’est payé très cher, alors il y a quelqu’un qui sait qu’il ne faut pas zoomer. Ca a été écrit quelque part. Les Saintes Ecritures, les seules qui nous restent, c’est les story-board de pubs. Comment pourrait-on être fiers de nous ?"

Serge Daney - Itinéraire d’un ciné-fils

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« J’essayai alors de défendre la nouvelle mécanique quantique : « Pour l’instant, dis-je, nous ne savons pas du tout encore dans quel langage nous devons parler des phénomènes se passant dans l’atome. Nous avons bien un langage mathématique, c’est-à-dire un schéma mathématique qui nous permet de calculer les états stationnaires de l’atome, ou encore les probabilités de transition d’un état à l’autre. Mais nous ne savons pas encore – du moins, d’une manière générale – quel est le lien entre ce langage-là et le langage ordinaire. Bien entendu, on a besoin d’un tel lien pour pouvoir appliquer la théorie aux expériences. Car nous discutons toujours des faits expérimentaux dans notre langage ordinaire, autrement dit dans le langage antérieur de la physique classique. Je ne puis donc pas affirmer que nous ayons déjà compris la mécanique quantique. Je présume que le schéma mathématique est correct ; mais le lien avec le langage ordinaire n’est pas encore établi. Ce n’est qu’une fois que ceci sera fait que nous pouvons espérer discuter également de la trajectoire de l’électron dans une chambre de Wilson sans qu’il y ait de contradictions internes. Il est sans doute encore trop tôt pour donner la solution du problème que vous posez. »

Werner Heisenberg, « Mécanique quantique et incertitude »

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Entre-prises


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L’entreprise, c’est la vie !
(Oui, aime, aime…)
L’entreprise n’a rien à gagner à se filmer. Elle ne le peut pas.
La vie ne se regarde pas.
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"Les salariés de la finance sont en effet parvenus à renverser le rapport de force de manière étonnante. Les gestionnaires des institutions financières espèrent généralement appliquer une formule de répartition des revenus financiers (après paiement des salaires, des intérêts du capital et après provisions) du type : 1/3 pour les actionnaires, 1/3 pour les impôts, 1/3 pour le bonus des salariés. Mais, au terme des négociations, la distribution atteint parfois 45% pour les salariés (charges patronales comprises) et 20% pour les actionnaires, le reste allant au trésor public.
L’idée de « création de valeur pour l’actionnaire » attribue le surplus à un groupe donné : les propriétaires de la firme. Il n’y a cependant aucune raison pour qu’il en soit ainsi. Dans la théorie économique néo-classique l’autre nom de la « création de valeur », c’est la rente. Or la rente n’est fille de personne, ni du capital, ni du travail. C’est un surplus libre pour l’appropriation des différents groupes. La finance, en renversant la logique de la répartition du surplus, remet au goût du jour la lutte pour la répartition du surplus.

Les working rich sont-ils dès lors une « avant-garde du prolétariat » ? Oui dans la mesure où ils renversent la logique de la création de valeur. Mais il ne s’agit pas d’un bloc homogène. On a affaire à un petit groupe de salariés riches qui s’opposent aux salariés ordinaires, moins mobiles qu’eux et qui n’ont pas accès à des actifs aussi monnayables. Les working rich transgressent les frontières classiques de l’entreprise, puisqu’ils emportent avec eux des actifs qui appartiennent au collectif. Cependant cette transgression n’est pas une subversion… Elle participe à la dynamique de « création destructrice » propre au capitalisme."

Olivier Godechot.

olivier.godechot.free.fr/
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"Si l’organisation morphologique est capable de provoquer le déclenchement de la réorganisation des agents aspectuels par une certaine anticipation de sa conduite et si ce fait, cette activation d’agents représentant une signification qui n’est pas encore celle de l’état courant de l’organisme posté dans son monde, produit un mouvement qui se stabilise, si la morphologie vient à représenter continûment ce que l’organisation aspectuelle devient, alors on dira que l’état de stabilisation, qui ne sera qu’éphémère, est l’état de conscience de l’organisme."

Alain Cardon.

www.automatesintelligents.com/manif/2001/juin/cardon.html

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fr.youtube.com/watch
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