Ha ça (ira)…

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Mais où est l’opposition ?
Bah oui, l’opposition démocratique, l’opposition parlementaire, l’opposant(e) préféré(e) de l’opinion.
Ha, ça…
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« Selon certaines analyses d’inspiration féministe, la femme fatale dans le film noir classique est punie au niveau de la ligne narrative explicite. Autrement dit, elle est détruite pour avoir fait preuve d’assurance et pour avoir porté atteinte à la domination patriarcale masculine, pour l’avoir menacée: « le mythe de la femme forte, sexuellement agressive, permet dans un premier temps l’expression sensuelle de son dangereux pouvoir et de ses conséquences effrayantes, avant qu’elle ne soit détruite, traduisant ainsi l’inquiétude refoulée suscitée par la menace féminine qui pèse sur la domination masculine » ; la femme fatale « perd finalement sa capacité à se mouvoir, n’influe plus sur le mouvement de la caméra, et est souvent, en réalité ou symboliquement, emprisonnée par la composition de l’image, alors même qu’un contrôle, exprimé visuellement, est exercé sur elle et, […] que parfois même elle est représentée comme étant heureuse, sous la protection d’un amant ». Cependant, bien qu’elle soit détruite ou apprivoisée, son image survit à sa destruction physique comme l’élément qui domine effectivement la scène – c’est en cela, dans la manière dont la texture du film trompe et subvertit sa ligne narrative explicite, que résiderait le caractère subversif des films noirs. À l’encontre du cinéma noir classique, le néo-noir des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, de La fièvre au corps à The Last Seduction, autorise ouvertement, au niveau même du récit explicite, la femme fatale à triompher, à réduire son partenaire à un imbécile condamné à mort – elle survit, riche et seule, après être passée sur le corps de son partenaire. Elle ne survit pas sous la forme d’une menace spectrale, « morte-vivante » qui dominerait libidinalement la scène après sa destruction physique et sociale; elle triomphe directement, dans la réalité sociale elle-même. En quoi le côté subversif de la figure de la femme fatale est-il affecté? Le fait que son triomphe soit réel ne sape-t-il pas son triomphe spectral/fantasmatique (on est même tenté de dire : sublime), de sorte que, plutôt qu’une menace spectrale toute-puissante, indestructible dans sa destruction physique même, elle se révèle être une simple « salope », vulgaire, manipulatrice et froide, privée de toute aura? En d’autres termes, serions-nous ici pris dans la dialectique de la perte et du sublime, dans laquelle la destruction empirique est le prix à payer pour gagner l’omnipotence spectrale?
Peut-être faut-il d’abord changer les termes du débat en soulignant que loin de représenter une menace pour l’identité patriarcale masculine, la femme fatale classique – véritable fantasme masochiste-paranoïaque masculin de la femme sexuellement insatiable qui, nous dominant tout en jouissant de sa propre souffrance, provoque en nous le désir de la prendre violemment et d’abuser d’elle – fonctionne comme la « transgression constitutive » de l’univers patriarcal symbolique. Le fantasme de la femme toute-puissante, dont l’attraction irrésistible présente une menace non seulement pour la domination masculine mais aussi pour l’identité même du sujet masculin, est le « fantasme fondamental » contre lequel l’identité masculine symbolique se définit et se maintient. La menace représentée par la femme fatale est ainsi factice, puisqu’elle est en fait le soutien fantasmatique de la domination masculine, la figure de l’ennemi engendrée par le système patriarcal lui-même. Pour utiliser une expression de Judith Butler, la femme fatale est l’« attachement passionnel » fondamental et désavoué du sujet masculin moderne, une formation fantasmatique nécessaire mais qui ne peut être ouvertement assumée, de sorte qu’elle peut être évoquée à la seule condition que, au niveau de la ligne narrative explicite (qui représente la sphère socio-symbolique publique), elle soit punie et que l’ordre de la domination masculine soit réaffirmé. Pour le dire en termes foucaldiens, de même que le discours sur la sexualité, sur son « refoulement » et sa régulation, crée le sexe en tant qu’entité mystérieuse et impénétrable à conquérir, le discours patriarcal érotique crée la femme fatale en tant que menace constitutive contre laquelle l’identité masculine devrait s’affirmer. La prouesse du néo-noir est précisément de révéler ce fantasme sous-jacent : la nouvelle femme fatale qui accepte pleinement le jeu masculin de la manipulation, et qui, pour ainsi dire, triomphe à ce jeu, menace bien plus efficacement la Loi paternelle que la femme fatale spectrale classique. »
Slavoj Žižek, Lynch et la figure de la femme fatale, extrait du chapitre "David Lynch ou l’art du sublime ridicule", p. 230-237.
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Ha oui, la loi sur la parité…
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Balkan.Erotic.Epic.Marina.Abramovic
envoyé par DocParano









