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Pendouiller

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Toutes ces vies qui ne tiennent qu’à un fil.

Mais de quoi est fait ce fil ? Une matière inouïe, d’une élasticité hors du commun, dont la structure en multifilaments semble complexe, aux charges de rupture mystérieuses.

Que donnerait l’évaluation quantitative de la variation de l’hétérogénéité structurale en coupe transversale de ce fil de densité linéaire (sans doute) différente ?

Bref, remettre l’ouvrage sur le métier et confectionner des linceuls slim.

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"Dans ces instants rapides comme l’éclair, le sentiment de la vie et la conscience se décuplaient pour ainsi dire en lui. Son esprit et son cœur s’illuminaient d’une clarté intense ; toutes ses émotions, tous ses doutes, toutes ses inquiétudes se calmaient à la fois pour se convertir en une souveraine sérénité, faite de joie lumineuse, d’harmonie et d’espérance, à la faveur de laquelle sa raison se haussait jusqu’à la compréhension des causes finales…

Ces instants, pour les définir d’un mot, se caractérisaient par une fulguration de la conscience, et par une suprême exaltation de l’émotion subjective.

À cette seconde – avait-il déclaré un jour à Rogojine quand ils se voyaient à Moscou – j’ai entrevu le sens de cette singulière expression : il n’y aura plus de temps."

 

Fédor Dostoïevski, « L’Idiot »

 

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"Cette entreprise que je veux tenter et, en même temps, j’ai peur de bêtises pareilles ! se dit-il avec un sourire étrange. Hum… oui… tout est entre les mains de l’homme, et tout lui passe quand même sous le nez, et pour une seule raison, c’est qu’il est lâche… ça, c’est un axiome… C’est curieux, de quoi est-ce que les gens ont le plus peur ? D’un nouveau pas, d’une nouvelle parole personnelle, qu’ils ont le plus peur… Mais, je bavarde beaucoup trop. Pour ça que je ne fais rien, que je bavarde. Ou alors, aussi comme ça, je parie : pour ça que je bavarde, que je ne fais rien. C’est tout ce dernier mois que j’ai appris à bavarder, couché des jours entiers dans mon recoin, à réfléchir… sur la pluie et le beau temps. Et pourquoi est-ce que j’y vais maintenant ? Est-ce que je suis capable de ça ? Est-ce que, ça, c’est sérieux ? Non, pas du tout. Comme ça, juste par fantaisie que je m’amuse ; des jouets. Oui, je parie, des jouets !"

 

Fédor Dostoïevski, « crime et châtiment »

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PLAY TIME Jacques Tati
envoyé par NilbogLAND

Commentaires (4 commentaires)

L’introduction, l’illustration d’abord qui installe ces textes magnifiques puis ce film pour faire résonner ces mots. Ce fil de vie intense…

Agathe / 22nd juin, 2008, 0:09 / #

L’introduction, l’illustration d’abord qui installent ces textes magnifiques puis ce film pour faire résonner ces mots. Ce fil de vie intense…

Agathe / 22nd juin, 2008, 0:09 / #

2 fois pour une correction orthographique, l’émotion …Sans doute.

Agathe / 22nd juin, 2008, 0:11 / #

“Autour de lui, dans la nuit la plus noire, défendus par le dossier du fauteuil qui les abrite, se presse contre le prêtre de l’art, immobile elle aussi, une famille de lapins de garenne, les oreilles levées. Personne ne bouge. Ils ont les yeux ouverts. Le plus fin rayon lumineux dans la chambre accrocherait une minuscule perle humide sur leurs regards, les uns contre les autres, un collier d’éclat se détacherait, fantôme d’une rivière de diamants suspendue dans la nuit, à quelques dizaines de centimètres en altitude de la moquette.
Lerêtre de l’art se relève, enjambe les lapins, tend la main vers le chevet de son lit, presse le déclencheur électrique, il déplace le fauteuil, s’accroupit et il change encore la disposition des animaux naturalisés dont les yeux de verre réflechissent ses soins pour les bien placer.”
B Lamarche-Vadel , L’art, le suicide, la princesse et son agonie”

nef / 27th juin, 2008, 14:05 / #

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