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Cimes et tris


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La musique dite électronique.
L’ordinateur qui à la fois génère la musique, comme instrument de musique, et en assure l’enregistrement et la diffusion, comme instrument de duplication et d’émission.
Il y a une pliure.
Ca se passe et c’est suffisant ; ce qui se fait est déjà parti et peut revenir.
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"Selon Michael Slote, l’un des défauts les plus caractéristiques de la philosophie morale moderne par rapport à celle des anciens, c’est qu’elle repose sur l’idée qu’il y aurait une asymétrie morale entre le rapport de soi à soi et le rapport de soi à autrui.

Mais que signifie « asymétrie morale » ?

Il n’est pas difficile d’illustrer l’idée. Pensez à Van Gogh.

Je crois que tout le monde aura tendance à penser que si Van Gogh avait arraché gratuitement l’oreille d’un passant au lieu de se couper la sienne, il y aurait eu une certaine différence morale.

À première vue, le fait de se couper l’oreille n’a la même importance morale que l’agression gratuite du passant. On peut même aller jusqu’à dire, c’est mon idée du moins, qu’il n’a aucune importance morale.

Comment expliquer cette asymétrie morale entre se couper volontairement l’oreille et l’arracher à un passant, ou, autre exemple du même genre, entre massacrer quelqu’un à coup de batte de base-ball et se suicider (si on veut réussir à faire les deux, mieux vaut procéder dans cet ordre) ?

La première explication qui peut venir à l’esprit, parce qu’elle dépend du sens des mots, c’est, tout simplement, que la morale ne concerne que les autres par définition et que, par conséquent, ce qui relève du rapport à soi-même n’appartient pas au domaine moral par définition. Mais si c’était le cas, les grandes morales classiques d’Aristote à Kant, qui accordent une certaine importance morale au rapport à soi-même, devraient être jugées absurdes parce qu’elles donneraient une valeur morale à ce qui ne peut pas en avoir par définition, ce qui est absurde.

Une autre explication de l’asymétrie morale plus plausible, proposée par Shelly Kagan repose sur la notion de consentement. L’idée c’est qu’on peut causer volontairement un tort à autrui mais non à soi-même, car il serait, par sa nature même, un tort auquel on aurait consenti d’avance ( pensez au suicide ) et que le consentement annule, en principe le tort. Mais, en réalité, la différence morale ne peut pas reposer entièrement sur l’idée qu’on ne peut pas se causer volontairement un tort , du fait que si on s’est causé volontairement un tort, c’est un tort auquel on a consenti, et qu’il n’y a pas de tort dès lors qu’il y a eu consentement. En effet, il existe toutes sortes de cas dans lesquels on estime que le consentement n’annule pas le tort. Pensez aux duels ou aux combats de gladiateurs, à l’esclavage volontaire et pour les moins libéraux, à la prostitution.

Je me propose de défendre la thèse de l’asymétrie morale entre le rapport à soi et le rapport à autrui autrement, c’est-à-dire sans partir d’une idée préconçue de ce qu’est la morale et sans m’appuyer exclusivement sur la notion de consentement.

J’essaierai de montrer que la notion de devoir moral envers soi-même est incohérente, qu’il en résulte que nous pouvons avoir des devoirs moraux à l’égard des autres mais pas de nous-mêmes, ce qui suffira, me semble-t-il, à donner une plausibilité à la thèse de l’asymétrie morale entre le rapport de soi à soi et le rapport de soi à autrui."

Ruwen Ogien
720plan.ovh.net/~villagil/article.php3
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Commentaires (Un commentaire)

Excellent Frope, merci. D’un grand intéret toujours.
Consentir arrache le tort pour soi.
Consentir arrache l’oreille de l’autre symboliquement.
L’asymétrie morale devient physique.
La morale est sauve.

Agathe / 23rd avril, 2008, 20:08 / #

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