Messe 68

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Il est interdit de commémorer.
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« On a parlé jusqu’à présent des Maori et des sociétés lointaines, dites exotiques, mais le point de départ c’est notre présent, notre présent présent. J’ai retenu une date symbolique, qui est celle de 1989 : année de la chute du mur de Berlin et symbole de l’écroulement d’un régime, d’une idéologie qui avait mis l’histoire au poste de commandement, et qui était mue, qui était habitée par une perspective que j’appelle « futuriste », au sens suivant : « futuriste », si on veut dans le sens de Marinetti, mais plus précisément « futuriste » voulant désigner la perspective qui donne la primauté au futur, ce qui veut dire, de façon plus précise, que l’intelligibilité de ce qui se passe, de ce qui s’est passé et de ce qui doit se passer, provient du futur. La lumière vient du futur, c’est sur elle qu’il faut se guider, c’est vers lui qu’il faut marcher. Un tel schéma peut prendre différentes incarnations, l’intelligibilité venant du futur, cela peut-être la Nation, le peuple ou le prolétariat - ce sont ces incarnations qu’on a connues entre le XIXe et le XXe siècle ; et si on prend la Nation, par exemple, la Nation est à la fois le but vers lequel il faut aller, la finalité de l’histoire, mais aussi ce qui permet d’expliquer tout ce qui s’est passé en amont. Donc, on a une intelligibilité régressive qui opère, mais cette perspective futuriste, en gros, (et là c’est la tradition européenne qui est alors prépondérante), elle s’instaure vers la fin du XVIIIe siècle et 1989 scelle, peut-être, sa fin ou, en tout cas, un moment de mise en question fort. Ce que je peux en dire n’est pas original, depuis vingt-cinq ans les écrits autour du temps, de la crise du temps se sont multipliés. Il y a toute une expression littéraire de cette dimension du temps aussi. Qu’on pense à la place de la mémoire. Mais ce qui me frappe dans ce moment dans lequel nous sommes, c’est la prépondérance de la catégorie du présent. D’où la proposition de dire : ce temps, ce mode du rapport au temps où domine le point de vue du présent, on peut l’appeler « présentisme » pour le distinguer du futurisme précédent. Si l’on fait un pas de plus en arrière, on peut montrer que le régime moderne viendrait lui-même s’instaurer à la place d’un régime où la catégorie du passé était ce qui donnait l’intelligibilité du présent et du futur ; ce régime je l’appelle, évidemment, l’ancien régime d’historicité. L’autre date symbolique que l’on peut retenir pour ce « passage » serait 1789. Les grandes modalités de rapport à ce passé étaient d’une part l’imitation et d’autre part l’exemplarité. Mais dans tous ces mouvements, que je schématise, il ne faudrait rien imaginer de mécanique. »
François Hartog.
www.vox-poetica.org/entretiens/hartog.html
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The unchanging sea, (d w griffith),
envoyé par zohilof
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Commentaires (5 commentaires)
Parfait. Badiou exprime aussi cela différemment. Ce point là.
Les illustrations sont toujours les liens les plus excellents, les plus recherchés, les moins regardables (pour moi). Les petits films ont adouci le choc des images.
Remarquable, le tout.
Agathe / 27th mars, 2008, 21:56 / #
Oups recherchées….Fôte
Agathe / 27th mars, 2008, 21:58 / #
Non pas fôte, je travaille plus.
Agathe / 27th mars, 2008, 22:00 / #
Non pas fôte, je travaille plus et trop…
Agathe / 27th mars, 2008, 22:00 / #
Très belle, cette Marie-Antoinette.
Le texte, je ne sais pas. Suis-je d’accord ? En tout cas je réfléchis, ça me change des Experts.
Mouarf !
adrien (de rien) / 2nd avril, 2008, 8:47 / #
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