Archive for mars, 2008

Qu’est-ce que TF1 ?


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Je relis ceci :

«Le concept se définit par l’inséparabilité d’un nombre fini de composantes hétérogènes parcourues par un point en survol absolu, à vitesse infinie.»

Gilles Deleuze et Félix Guattari, «Qu’est-ce que la philosophie ?»

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Et je pense à ça :
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Générique ouverture antenne TF1
envoyé par gilleshuard

Messe 68


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Il est interdit de commémorer.
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« On a parlé jusqu’à présent des Maori et des sociétés lointaines, dites exotiques, mais le point de départ c’est notre présent, notre présent présent. J’ai retenu une date symbolique, qui est celle de 1989 : année de la chute du mur de Berlin et symbole de l’écroulement d’un régime, d’une idéologie qui avait mis l’histoire au poste de commandement, et qui était mue, qui était habitée par une perspective que j’appelle « futuriste », au sens suivant : « futuriste », si on veut dans le sens de Marinetti, mais plus précisément « futuriste » voulant désigner la perspective qui donne la primauté au futur, ce qui veut dire, de façon plus précise, que l’intelligibilité de ce qui se passe, de ce qui s’est passé et de ce qui doit se passer, provient du futur. La lumière vient du futur, c’est sur elle qu’il faut se guider, c’est vers lui qu’il faut marcher. Un tel schéma peut prendre différentes incarnations, l’intelligibilité venant du futur, cela peut-être la Nation, le peuple ou le prolétariat - ce sont ces incarnations qu’on a connues entre le XIXe et le XXe siècle ; et si on prend la Nation, par exemple, la Nation est à la fois le but vers lequel il faut aller, la finalité de l’histoire, mais aussi ce qui permet d’expliquer tout ce qui s’est passé en amont.  Donc, on a une intelligibilité régressive qui opère, mais cette perspective futuriste, en gros, (et là c’est la tradition européenne qui est alors prépondérante), elle s’instaure vers la fin du XVIIIe siècle et 1989 scelle, peut-être, sa fin ou, en tout cas, un moment de mise en question fort. Ce que je peux en dire n’est pas original, depuis vingt-cinq ans les écrits autour du temps, de la crise du temps se sont multipliés. Il y a toute une expression littéraire de cette dimension du temps aussi. Qu’on pense à la place de la mémoire. Mais ce qui me frappe dans ce moment dans lequel nous sommes, c’est la prépondérance de la catégorie du présent. D’où la proposition de dire : ce temps, ce mode du rapport au temps où domine le point de vue du présent, on peut l’appeler « présentisme » pour le distinguer du futurisme précédent. Si l’on fait un pas de plus en arrière, on peut montrer que le régime moderne viendrait lui-même s’instaurer à la place d’un régime où la catégorie du passé était ce qui donnait l’intelligibilité du présent et du futur ; ce régime je l’appelle, évidemment, l’ancien régime d’historicité. L’autre date symbolique que l’on peut retenir pour ce « passage » serait 1789. Les grandes modalités de rapport à ce passé étaient d’une part l’imitation et d’autre part l’exemplarité. Mais dans tous ces mouvements, que je schématise, il ne faudrait rien imaginer de mécanique. »

François Hartog.

www.vox-poetica.org/entretiens/hartog.html

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The unchanging sea, (d w griffith),
envoyé par zohilof

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Alt User


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Je ne fais rien.
Je fais.
Voilà, c’est là.
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"L’idéologie représente le rapport imaginaire des individus à leurs conditions réelles d’existence"

"En vérité, l’idéologie a fort peu à voir avec la "conscience" à supposer que ce terme ait un sens univoque… L’idéologie est bien un système de représentations : mais ces représentations n’ont la plupart du temps rien à voir avec la "conscience" …elles sont des objets culturels perçus-acceptés-subis et agissent fonctionnellement sur les hommes par un processus qui leur échappe"


«Nous dirons donc, à ne considérer qu’un sujet (tel individu), que l’existence des idées de sa croyance est matérielle, en ce que ses idées sont ses actes matériels insérés dans des pratiques matérielles, réglées par des rituels matériels eux-mêmes définis par l’appareil idéologique matériel dont relèvent les idées de ce sujet.»

L. Althusser.
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Toute revolution est un coup de dés
envoyé par zohilof

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Television Delivers People (R. Serra),
envoyé par zohilof

L’alart


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fr.youtube.com/watch
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fr.youtube.com/watch
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« La thèse du médium dit ainsi deux choses à la fois : premièrement l’art est de l’art quand il n’est que de l’art ; deuxièmement l’art est de l’art quand il n’est pas que de l’art. On peut synthétiser les deux propositions contradictoires de la façon suivante : l’art est de l’art pour autant qu’il est possible que ce qui est de l’art, en même temps, ne soit pas de l’art. Il est de l’art quand ses productions appartiennent à un milieu sensible où se brouille la distinction entre ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas. En bref, le « moyen » est toujours moyen d’autre chose que de sa fin propre. Il est aussi le moyen de participer à la configuration d’un milieu spécifique. La tension entre le médium comme moyen neutre et le médium comme substance propre , entre le médium comme instrument de réalisation d’une idée de l’art et le médium comme ce qui résiste à l’idée et à l’art se résout dans un troisième terme , une troisième idée , le médium comme milieu : le milieu dans lequel les performances d’un dispositif artistique déterminé viennent s’inscrire, mais aussi le milieu que ces performances contribuent elles-mêmes  à configurer. Suspendre l’art à la loi du médium, c’est en fait postuler le recouvrement de ces deux milieux. C’est postuler une loi d’adéquation des performances artistiques « fidèles à leur médium » avec un nouveau milieu d’expérience , un nouveau monde technique qui est à la fois un nouveau monde sensible et un nouveau monde social. »

Jacques Rancière - « Ce que « medium » peut vouloir dire : l’exemple de la photographie »

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BATTERY OPERATED - Helipad
envoyé par Dorian_Wybot

Des tests


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"Don’t hate the media, become the media!"
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C’est fait.
Don’t hate me, become me!
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C’est fait.
Don’t hate yourself, become yourself!
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On fait quoi maintenant ?
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Rien à détester…
Devenez détestables.
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www.soundtoys.net/toys/360mk2
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Tron
envoyé par unzip

Impossible de se coiffer


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De la viande, des lignes, carrés, sécrétions, bouches et points, bip, merde, ADN, rayons, ombres, bulles…
Je ne me reconnais plus…
Ouf !
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"L’idée d’une multitude d’univers est plus qu’une fantastique invention. Elle apparaît naturellement dans plusieurs théories et mérite d’être prise au sérieux".

"Ces univers multiples ne sont pas des théories mais des conséquences de théories élaborées pour répondre à des questions claires de physique des particules ou de gravitation. Beaucoup de problèmes centraux de physique théorique (…) trouvent ainsi une explication naturelle".

"Notre univers ne serait-il qu’un îlot dérisoire au sein d’un immense "multivers" infiniment vaste et diversifié ? Si c’était vrai, cela pourrait être pour l’homme, qui s’était longtemps cru au centre du monde, une quatrième blessure narcissique, après celles infligées par Copernic, Darwin et Freud".

Aurélien Barrau.

lpsc.in2p3.fr/ams/aurelien/

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«Dans les sociétés de modulation que sont les sociétés de contrôle, il s’agit de conditionner, par les technologies audiovisuelles et numériques de l’aisthesis, les temps de conscience et l’inconscient des corps et des âmes. A l’époque hyperindustrielle, l’esthétique – comme dimension du symbolique devenue à la fois arme et théâtre de la guerre économique – substitue le conditionnement des hypermasses à l’expérience sensible des individus psychiques ou sociaux. L’hypersynchronisation conduit à la perte d’individuation par l’homogénéisation des passés individuels, en ruinant le narcissisme primordial et le processus d’individuation psychique et collective : ce qui permettait la distinction du je et du nous, désormais confondus dans l’infirmité symbolique d’un on amorphe. Tous ne sont pas également exposés au contrôle. Nous vivons en cela une fracture esthétique, comme si le nous se divisait en deux. Mais nous tous, et nos enfants plus encore, sommes voués à ce sombre destin – si rien n’est fait pour le surmonter.»

Bernard Stiegler.

www.monde-diplomatique.fr/2004/06/STIEGLER/11261

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M’i am


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Le prix des pâtes, le prix du riz, du pain et des yaourts, le prix des bananes, le prix du porc, le prix des oeufs, le prix des pommes, de la farine, des patates, de l’eau, le prix du sel, le prix du sucre…
Discount, top budget, promos, date limite de consommation, deux pour le prix d’un, pack, semaine commerciale…
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Moins on hurle et plus ce qu’il faut pour combler le vide dans la bouche pue.
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L’industrie des pompes funèbres souffre-t-elle de cette consommation en berne ?
Le salaire de la pfeur.
www.pfeur.com/
"Entrez" comme il est dit.
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« Et il commença, d’une voix fatiguée, que les quintes de toux interrompaient par moments :
    - Schopenhauer venait de mourir, et il fut décidé que nous le veillerions tour à tour, deux par deux, jusqu’au matin.
    Il était couché dans une grande chambre très simple, vaste et sombre. Deux bougies brûlaient sur la table de nuit.
    C’est à minuit que je pris la garde, avec un de nos camarades. Les deux amis que nous remplacions sortirent, et nous vînmes nous asseoir au pied du lit.
    La figure n’était point changée. Elle riait. Ce pli que nous connaissions si bien se creusait au coin des lèvres, et il nous semblait qu’il allait ouvrir les yeux, remuer, parler. Sa pensée ou plutôt ses pensées nous enveloppaient ; nous nous sentions plus que jamais dans l’atmosphère de son génie, envahis, possédés par lui. Sa domination nous semblait même plus souveraine maintenant qu’il était mort. Un mystère se mêlait à la puissance de cet incomparable esprit.
    Le corps de ces hommes-là disparaît, mais ils restent, eux ; et, dans la nuit qui suit l’arrêt de leur coeur, je vous assure, Monsieur, qu’ils sont effrayants.
    Et, tout bas, nous parlions de lui, nous rappelant des paroles, des formules, ces surprenantes maximes qui semblent des lumières jetées, par quelques mots, dans les ténèbres de la Vie inconnue.
    "Il me semble qu’il va parler", dit mon camarade. Et nous regardions, avec une inquiétude touchant à la peur, ce visage immobile et riant toujours.
    Peu à peu nous nous sentions mal à l’aise, oppressés, défaillants. Je balbutiai :
    "Je ne sais pas ce que j’ai, mais je t’assure que je suis malade."
    Et nous nous aperçûmes alors que le cadavre sentait mauvais.
    Alors mon compagnon me proposa de passer dans la chambre voisine, en laissant la porte ouverte ; et j’acceptai.
    Je pris une des bougies qui brûlaient sur la table de nuit et je laissai la seconde, et nous allâmes nous asseoir à l’autre bout de l’autre pièce, de façon à voir de notre place le lit et le mort, en pleine lumière.
    Mais il nous obsédait toujours ; on eût dit que son être immatériel, dégagé, libre, tout-puissant et dominateur, rôdait autour de nous. Et parfois aussi l’odeur infâme du corps décomposé nous arrivait, nous pénétrait, écoeurante et vague.
    Tout à coup, un frisson nous passa dans les os : un bruit, un petit bruit était venu de la chambre du mort. Nos regards furent aussitôt sur lui, et nous vîmes, oui, Monsieur, nous vîmes parfaitement, l’un et l’autre, quelque chose de blanc courir sur le lit, tomber à terre sur le tapis, et disparaître sous un fauteuil.
    Nous fûmes debout avant d’avoir eu le temps de penser à rien, fous d’une terreur stupide, prêts à fuir. Puis nous nous sommes regardés. Nous étions horriblement pâles. Nos coeurs battaient à soulever le drap de nos habits. Je parlai le premier.
    "Tu as vu ?…
    - Oui, j’ai vu.
    - Est-ce qu’il n’est pas mort ?
    - Mais puisqu’il entre en putréfaction ?
    - Qu’allons-nous faire ?"
    Mon compagnon prononça en hésitant :
    "Il faut aller voir."
    Je pris notre bougie, et j’entrai le premier, fouillant de l’oeil toute la grande pièce aux coins noirs. Rien ne remuait plus ; et je m’approchai du lit. Mais je demeurai saisi de stupeur et d’épouvante : Schopenhauer ne riait plus ! Il grimaçait d’une horrible façon, la bouche serrée, les joues creusées profondément. Je balbutiai :
    "Il n’est pas mort !"
    Mais l’odeur épouvantable me montait au nez, me suffoquait. Et je ne remuais plus, le regardant fixement, effaré comme devant une apparition.
    Alors mon compagnon, ayant pris l’autre bougie, se pencha. Puis il me toucha le bras sans dire un mot. Je suivis son regard, et j’aperçus à terre, sous le fauteuil à côté du lit, tout blanc sur le sombre tapis, ouvert comme pour mordre, le râtelier de Schopenhauer.
    Le travail de la décomposition, desserrant les mâchoires, l’avait fait jaillir de la bouche.
    "J’ai eu vraiment peur ce jour-là, Monsieur."
    Et, comme le soleil s’approchait de la mer étincelante, l’Allemand phtisique se leva, me salua, et regagna l’hôtel. »

Guy de Maupassant, « Auprès d’un mort. »

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