Archive for novembre, 2007

La vitesse d’une balle

 

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La chine, les droits de l’Homme, le président en visite. Le feuilleton, toujours haletant. Dira, dira pas ; osera, osera pas..? Jusqu’où ?

Toujours le même simulacre.

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Deux phrases lues dans le Canard Enchaîné, énoncées par le premier d’entre nous en Chine :

"[La France n’a] pas de leçon à donner sur la peine de mort car elle ne l’a abolie qu’en 1981."

"Je vous demande simplement d’accentuer le mouvement qui s’esquisse vers sa suppression."

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Pas de leçon à donner ; une certaine repentance. Le mouvement s’esquisse déjà. Juste accélérer un peu le ralentissement de la balle. Ou alors incurver légèrement la trajectoire de la balle. L’injectin létale, avec son bon rapport "coût/efficacité", est en vogue. L’Etat qui peut alors tuer avec "humanité" esquisse un mouvement vers une société civilisée. C’est une question de douceur.

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Amnesty International, bulletin de décembre 2006 :

"Le 31 octobre, de nouvelles dispositions législatives ont été adoptées en Chine. Elles restituent à la Cour populaire suprême l’une de ses prérogatives : toutes les condamnations à mort prononcées par des tribunaux provinciaux chinois doivent à nouveau lui être soumises pour réexamen et confirmation (voir le Bulletin Peine de mort de janvier 2006, ACT 53/001/2006). Ces dispositions, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2007, pourraient permettre une baisse du nombre des exécutions et améliorer la qualité des procès des personnes passibles de la peine capitale.

Toutefois, tant que les autorités chinoises ne publieront pas de statistiques exhaustives sur les condamnations à mort et les exécutions, qui restent considérées comme des secrets d’État, il sera difficile d’évaluer l’impact de cette réforme sur le nombre d’exécutions.

En Chine, les procès capitaux sont généralement marqués par l’impossibilité de bénéficier rapidement des services d’un avocat, le mépris de la présomption d’innocence, l’ingérence des milieux politiques et l’utilisation à titre de preuve de déclarations arrachées sous la torture."
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 Un avion, un Airbus, même bradé, même vendu contre quelques délocalisations (en Chine) sera toujours plus rapide qu’une balle.

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Histoire de l’oeil


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"Hier, à Nantes, un lycéen a été «grièvement blessé» à un œil lors d’une manifestation contre la loi Pécresse. Les syndicats FO des lycées et collèges de Loire-Atlantique et la FSU ont dénoncé hier la «brutalité» et la «violence» des forces de l’ordre. Les parents du jeune homme de 16 ans blessé ont demandé au procureur et au préfet «une enquête sérieuse» sur les faits." Libération
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"Allez les bleus !" comme on disait à Nanterre il y a peu.
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La police, la police, la police, qui rythme les vies…
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Potenciel


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J’ai tué. Un enfant.
J’exécute ma peine pour ce crime. Une peine longue.
Un crime, une peine. C’est le droit.
Bientôt, je devrais subir un bilan médical et psychologique. Ce bilan devant évaluer ma dangerosité.
Serai-je alors encore dangereux, serai-je alors susceptible de recommencer ? Je n’ai pas à le savoir, ils le diront. Un examen, c’est fait pour cela. Je n’en sais rien. La prison ne me le dit pas ; elle ne dit rien. Que puis-je encore savoir de moi ?
Les psychologues viendront et ils diront. J’aurais alors pratiquement achevé ma détention. Je veux bien être suivi, accompagné, aidé. Je ne sais pas où je suis, ni où je vais. Les dispositifs existent. Ils me sont nécessaires.
Si le bilan dressé atteste de ma dangerosité potentielle, je continuerai. Je serai retenu. Il y aura commission, débat contradictoire, tout ça. Mais ça continuera. L’enfermement. On dit "centre socio-médico-judiciaire fermé".
Sans crime.
Une possibilité de crime.
Quelque chose qui n’existe pas, pour personne. Juste pour moi. Ma potentialité. Potentiel, potence.
Une peine sans crime. Renouvelable. Une peine renouvelable pour un crime non renouvelé.
C’est la peine, l’enfermement qui me diront ce que je suis. Qui je suis. Mauvais. Dangereux. Animal.
Coupable, encore.
D’être.
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The Lodger
envoyé par misshollygolightly

Plusieurs (re)prises


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"Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, l’un des "papes" de la Nouvelle vague cinématographique (fin des années 1950-1960), avoue dans une interview à paraître jeudi qu’il a volé de l’argent à plusieurs reprises pendant sa jeunesse pour aller au cinéma et financer ses films."
20minutes.fr
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"Information" reprise par France-info. L’annonce : "Jean-Luc Godard avoue avoir volé pour financer ses films".
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Il a volé. Pour voir des films. Et faire des films. Mais il a volé. A plusieurs reprises.
Et il avoue.
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Imaginons 20 minutes titrer : "Jean-Luc Godard avoue que la plupart des réalisateurs et les trois quarts des gens qui recoivent des récompenses à Berlin ne manient la caméra que pour exister, et pas pour voir ce qu’on ne peut pas voir sans caméra. De même qu’un scientifique ne peut pas distinguer certaines choses sans microscope. Ou qu’un astronome ne voit pas certaines étoiles sans téléscope."
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Ou qu’un journaliste ne voit pas certaines formes sans écrire…
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Imaginons.
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La prise de la Bastille


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Nous sommes une cinquantaine. Guère plus.
Les deux premiers interpellent les vigiles à l’entrée. Quatre autres neutralisent les vigiles. Les autres entrent dans le hall. La porte d’entrée est cadenassée. Personne ne pourra entrer. quatre restent sur place, les autres s’enfoncent dans le lieu et investissent les ascenseurs. Nous savons où nous allons. Dans les ascenseurs, nous nous regardons.
Arrivée.
Quatre d’entre nous prennent la régie, neutralisent le personnel en poste. Une vingtaine se positionne aux endroits stratégiques. Personne ne peut venir. Personne ne peut interférer.
Un jeu d’enfant. On entend les programmes pour enfants du petit matin.
Le studio est vide.
Nous tendons les banderolles sur le décor bleu. Nous poussons les fauteuils. Nous restons debout. Certains s’assoient sur l’énorme table. Nous voulons parler. Parler. Rien n’est écrit. Tout se dira, viendra ; comme ça.
La régie bascule sur le direct.
Nous parlons.
Le fauteuil de Poivre d’Arvor gît dans un coin.
Pas de générique, un plan fixe, nous bougeons dans le cadre.
Nous tiendrons le temps qu’il faudra.
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Dehors, ça commence à se savoir.
On nous regarde.
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Joe Dallessandro in Flesh
envoyé par lucas6666

Barricades II


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Une barricade est un pli. La surface est régulière et puis, d’un coup, se forme un pli. Un drapé.
Une exfoliation.
La barricade, c’est le peeling de la rue.
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"Les singularités apparaissent lorsque l’on soumet en quelque sorte l’espace à une contrainte. La manche de ma veste, si je la comprime, je fais apparaître des plis. C’est une situation générale. Cela ne relève pas de la mécanique des matériaux. J’énonce en réalité un théorème abstrait : lorsque’un espace est soumis à une contrainte, c’est-à-dire lorsqu’on le projette sur quelque chose de plus petit que sa propre dimension, il accepte la contrainte, sauf en un certain nombre de points où il concentre, si l’on peut dire, toute son individualité première. Et c’est dans la présence de ces singularités que se fait la résistance.. Le concept de singularité, c’est le moyen de subsumer en un point toute une structure globale."

René Thom, "Expliquer n’est pas prédire"
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"C’est dans la présence de ces singularités que se fait la résistance."


Cloaque


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"l’UMP a donné mardi son investiture à Daniel Simonpieri, 56 ans, pour les municipales à Marignane (Bouches-du-Rhône)."
"Il a été élu en 1995 sous l’étiquette FN, son parti pendant vingt-cinq ans. Il a été réélu en 2001, avec le soutien du MNR de Bruno Mégret, qu’il a quitté. En 2002, il a appelé à voter Le Pen, et n’a jamais renié ses idées."
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«Il a fait sa mutation», rétorque Renaud Muselier (UMP).
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Mutation.
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Mutation d’un raciste concurrent en un raciste ami ?
Mutation d’un raciste lepéniste puis mégrétiste en un raciste sarkozyste ?
Mutation du lépénisme en sarkozysme ?
Mutation d’un racisme tonitruant en un racisme policé ?
Mutation d’une xénophobie intégrale en une xénophobie raisonnée ?
Mutation d’un xénophobe isolé en un xénophobe attractif ?
Mutation d’un gagnant probable en un gagnant… probable ?
Mutation d’un partisan des tests ADN en un partisan des tests ADN ?
Mutation d’un adepte de la traque aux clandestins en un adepte de la traque aux clandestins ?

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Quelle mutation ?
Mutation est un bien grand mot.
L’UMP se croit-elle vraiment à un stade supérieure de l’évolution ?
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bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/11/sarkozy-et-les-.html
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Marcher


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"Organiser des manifestations contre les grèves n’est «vraiment pas notre état d’esprit», a déclaré sur France Inter le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez prenant le contre-pied du secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian qui venait d’envisager cette éventualité."
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Ces manifestations ont lieu tous les jours. Elles parcours les quelques dizaines de centimètres carré de l’écran. Du coin gauche au coin droit ; en biais ; en s’agrandissant ou en diminuant donnant une illusion de mouvement. Celui qui témoigne manifeste. Celui qui filme manifeste. Celui qui donne à voir manifeste.
Les trajectoires diffluentes, les temporalités de ceux qui marchent (pour rejoindre ce lieu si désiré, le travail) se voient rassemblées en un même élan. Il y a synchronisation. Tous les temps se fondent en un temps unique, artificiel, communicable. Un écoulement.
Pas de télescopages, pas de heurts. Il n’y a rien à voir, à entendre, parce que rien ne se passe. C’est un produit fini.
Sans rythme.
Mort.
Et ça marche.
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Les heurts sont ailleurs mais on ne les montre pas.
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"pan
Le son est beau, le son d’un instrument sonore est beau, est beau ce qui vient dire voilà je suis soudain un
son, je sonne, je mets le paquet, je vais exploser, j’explose, le son est beau celui qui explose, qui se met là,
qui vient se poser et dire voilà je ne suis qu’un son, un son d’un seul son et je viens me poser, voilà je me
pose, je me pose en explosant, j’explose, je suis content de venir, je n’ai pas eu le temps d’annoncer que
j’allais arriver que je suis déjà là, qu’il est beau le son qui vient, il est venu, il a explosé, il explose, c’est le
premier son, c’est le son d’un instrument à son, les instruments à son font grand bruit, en voilà un qui
commence, c’est le début, c’est le tout premier son pas sonore explosif, il a débuté commencé, un premier
son et tout commence."
Christophe Tarkos
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Voir(e)


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Voir des films, c’est travailler.
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Mise en forme 6802
envoyé par mai_2008

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Ce 14 novembre 2007,
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Des gens veulent voir des films mais les grévistes les en empêchent.
Des gens veulent faire des films mais les grévistes les en empêchent.
Des gens veulent montrer des films mais les grévistes les en empêchent.
Des gens veulent écouter de la musique mais les grévistes les en empêchent.
Des gens veulent découvrir le monde mais les grévistes les en empêchent.
Des gens veulent faire du théâtre mais les grévistes les en empêchent.
Des gens veulent se perdre et se retrouver mais les grévistes les en empêchent.
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Barricades


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"Les CRS interviennent à Nanterre."
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"(…) les CRS ont d’abord délogé vers 10h00 à coups de matraques entre 100 et 200 étudiants qui bloquaient l’entrée d’un bâtiment de la faculté de Paris X-Nanterre (…)"
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Ailleurs, ce témoignage :
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"C’est alors qu’une vingtaine de cars de forces de l’ordre sont arrivés et là, ça a dégénéré. Les CRS ont frappé violemment les étudiants grévistes, certains sont tombés dans les escaliers, d’autres ont été blessés, j’ai vu une fille qui saignait."
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Le fameux appel aux non-grévistes à faire entendre leur voix trouve sa matérialité effective dans la matraque. Il a ceux qui reçoivent les coups, réellement, et ceux qui les donnent, symboliquement.
Le savoir-comme-on-dit n’est pas le lieu que les CRS "libèrent". Il est sur la barricade ; cette élévation.
Ce pli.
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"(…) il faut arriver à plier la ligne, pour constituer une zone vivable où l’on peut se loger, affronter, prendre un appui, respirer – bref, penser."
Deleuze in "Pourparlers"
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"Que font les penseurs de métier au milieu de ces ébranlements ? Ils gardent encore leur silence. Ils n’avertissent pas. Ils ne dénoncent pas. Ils ne sont pas transformés. Ils ne sont pas retournés. L’écart entre leur pensée et l’univers en proie aux catastrophes grandit chaque semaine, chaque jour, et ils ne sont pas alertés. Et ils n’alertent pas. L’écart entre leurs promesses et la situation des hommes est plus scandaleux qu’il ne fut jamais. Et ils ne bougent point. Ils restent du même côté de la barricade. Ils tiennent les mêmes assemblées, publient les mêmes livres. Tous ceux qui avaient la simplicité d’attendre leurs paroles commencent à se révolter, ou à rire."
Paul Nizan
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"Ces bloqueurs ont des méthodes de Khmers rouges" nous apprend ce matin le président de la fac de Rennes.
Le savoir…
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